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Culture

La Ville de Limoges vous offre une pause "correspondance"

Initié par la première séquence, "Éloge du flou" affichée du 24 février au 27 mars 2021, puis une deuxième séquence "Résistances" le projet PAUSE revient du 6 au 20 octobre 2021 avec une troisième séquence "Correspondance" exposée sur plus de 160 faces d’affichage dans toute la ville de Limoges.

Public : Tout public

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De la peinture, deux artistes dont les six oeuvres créent un dialogue entre humain et paysage, intérieur/extérieur ; intériorité et extériorité.
Romain Larbre et Florent Contin-Roux n’ont pas attendu ce duo pour manifester leur envie d’oeuvrer ensemble. Depuis 2015, ils se rencontrent régulièrement pour des conversations « de peintres à peintre autour du fond et de la forme », avec le plaisir mutuel de regarder, d’interroger, de confronter leurs productions.
Car en effet, les artistes, alors qu’ils utilisent un medium identique -la peinture- ont mis au point des techniques et des styles très différents : le glacis pour Romain ; des aplats de matière accompagnés de coulures pour Florent. Ces différences très marquées, au lieu de les opposer, les relient fortement dans une histoire qu’ils racontent à quatre mains.

Ils ont pensé ce duo comme la prolongation de leurs nombreuses conversations ; dans une correspondance non pas épistolaire mais picturale où les couleurs aussi bien que les sujets abordés par l’un et l’autre se répondent par ricochets et entrent en vibration.

Les artistes exposés

Romain LARBRE

Passer la porte de l’atelier, être accueillie avec chaleur… La pièce est grande et bien éclairée, les différents papiers peints racontent les cloisons tombées pour créer l’espace. Cela foisonne de grands châssis peints entreposés contre les murs, de dessins punaisés en cours ou bien terminés ; de cahiers et de papiers couverts de notes, de croquis posés sur une table, sur une chaise… On remarque aussi des livres et une étonnante collection de figurines de Comics, soigneusement alignées comme autant de trophées. On se sent bien et l’on réalise très vite qu’ici ça cherche, c’est curieux, ça affine, ça doute et ça peaufine.
La peinture va droit au but : fascinante et atypique.
Sur la toile, des personnes -vêtues ou dénudées- représentées dans un espace souvent minimaliste qui ne regardent pas le spectateur. Le peintre s’est libéré du superflu pour concentrer l’attention sur l’humain, la chair, l’intériorité. Ce regard «à côté » ou résolument détourné par un mouvement du corps parle aussi bien dela réserve des modèles peu aguerris à la « pose », que de la délicatesse de l’artiste.
On pourrait s’imaginer une forme de voyeurisme mais c’est tout le contraire : tout est en pudeur et en finesse. Les couleurs souvent vives et les traits parfois appuyés illustrent la force et le jaillissement des sensations brutes. Romain Larbre ne peint pas pour faire du « beau » ; il peint le sentiment ou plus précisément : il retranscrit les émotions liées aux moments privilégiés partagés avec ses modèles.
Ces instants singuliers illustrent toute l’affection et l’intérêt qu’il porte à l’humanité.

Florent Contin-Roux

La peinture est sobre, et l’objet qu’elle représente mystérieux, avec ses faux airs d’araignée cyborg : Le musée des musées (microprocesseur) (2007) pourrait servir de point de départ à l’oeuvre de Florent Contin-Roux, lui qui aime tant piéger les images sur ses toiles. Des images de toutes sortes d’ailleurs : chipées sur Google, découvertes au sein d’archives familiales, saisies par lui à l’heure bleue, confiées par des amis… Mais son appétit pour les images n’est pas glouton et irraisonné. Au contraire, ce sont des choix précieux et précis qui sont à l’origine de son travail, et qui se dévoilent dans des peintures dont les formats révèlent le caractère intimiste.
En effet, l’écran d’ordinateur, qui est devenu bien souvent aujourd’hui le premier mode d’accès aux oeuvres, trahit quelque peu celles de Florent Contin-Roux, si l’on ne prend pas garde à leurs dimensions. Certaines ne dépassent pas le format 10x15 cm, les plus grandes excèdent rarement le mètre de long. On ne dira plus que la peinture d’histoire se doit d’être monumentale : le champignon atomique d’Hiroshima, l’incendie du Zeppelin, l’assassinat de Kennedy, le hissage du drapeau rouge sur le Reichstag sont considérés par l’artiste comme des icônes, et de ce fait traités avec minutie et dévouement. Les paillettes remplacent parfois chez lui le fond d’or, histoire de rappeler que l’époque s’éloigne du caractère rassurant d’un Eden uniforme pour aller vers le morcellement des lueurs. Florent Contin-Roux accorde d’ailleurs autant d’importance à ces représentations désormais célèbres dans l’imaginaire collectif, qu’à celles issues de son environnement familial. Lui dit que le point de départ de sa peinture est toujours le personnel, accepte la dimension conceptuelle du travail mais refuse que l’on en réfute la part émotionnelle. C’est l’histoire de l’homme qui trouve chez son grand-père des photographies qu’il pense sur le moment appartenir aux livres et à la grande histoire, et qui se rend finalement compte que cette dernière n’existe que par fragments destinés à n’être jamais totalement recomposés. Alors, puisque toute
représentation peut potentiellement se mêler à ce vaste puzzle nécessairement parcellaire, la tondeuse à gazon, la tente de camping, le jouet Playmobil prennent place dans l’imagerie de Florent Contin-Roux avec la même gravité. Récemment, l’artiste a cherché à mettre à distance la photographie, qui l’a tant accompagnée à ses débuts, et qu’il a toujours souhaité dissoudre, noyer, fumiger. Le corps, qui apparaissait comme un fantôme dans ses premières peintures – corps en observation depuis la fenêtre d’une voiture ou d’un train en marche, corps contemplant le paysage assis sur une chaise de jardin en plastique… – se fraie désormais une place. Des ombres pâles aux contours violemment brossés, parfois maculées du rose fluo cher à l’artiste, émergent sur ses toiles. Pas les visages, pas encore. Peut-être plus tard, mais pour l’instant sa peinture est trop pudique pour s’y frotter. Lui, toutefois, se risque à la  performance depuis peu ; « risque », parce que la peinture est un engagement total. La métaphore martiale, il l’assume : peindre, c’est combattre, s’épuiser, chasser. Dans L’acte de peindre (2019), il a percé d’une flèche une de ses anciennes Nocturne. Touchée au coeur des nuages bleutés, à la brunante.

Du 6 au 20 octobre 2021

Le reportage de 7ALimoges

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