"Vivre à Limoges", Culture

La puissance et la grâce : Un voyage sensible au cœur de la peinture ancienne

À partir du 5 novembre, le musée des Beaux-Arts invite le public à découvrir une exposition exceptionnelle consacrée aux peintures françaises et italiennes des XVIIe et XVIIIe siècles. Réunissant près de 160 œuvres issues d’une collection privée et d’une sélection d’œuvres du musée, La puissance et la grâce promet un parcours aussi spectaculaire que sensible. Une nouvelle illustration de l’ambition culturelle portée par la Ville qui est de proposer des rendez-vous de qualité, accessibles à tous et ouverts sur de nouvelles expériences.

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Jeudi 5 novembre, le musée des Beaux-Arts ouvrira les portes d’une exposition d’une ampleur particulière.
Avec La puissance et la grâce, ce sont plus de 160 œuvres issues de la collection privée de François de Bernard qui entreront en dialogue avec une vingtaine d’œuvres conservées dans les réserves du musée. Peintures et dessins français et italiens des XVII e et XVIII e siècles composeront un parcours accessible, invitant à redécouvrir une période de l’histoire de l’art parfois méconnue du grand public.
Pour Claire Caland, conseillère municipale en charge des musées, cette exposition s’inscrit dans une dynamique plus large. « Depuis l’exposition Chigot, il y a clairement une montée en puissance qui se traduit par une belle augmentation de fréquentation », souligne-t-elle.
La Ville est aujourd’hui particulièrement attentive à la programmation de ses établissements culturels, avec l’ambition de proposer des rendez-vous variés, mais toujours accompagnés d’une forte dimension pédagogique.
La puissance et la grâce illustre pleinement cette volonté. Son point de départ est singulier : celui d’un collectionneur privé, François de Bernard, qui rassemble depuis son adolescence des œuvres d’art et nourrit une prédilection particulière pour la peinture française et italienne des XVII e et XVIII e siècles. Sa collection, constituée au fil des découvertes et des coups de cœur, est ici présentée pour la première fois dans son ensemble. Certaines œuvres ont même été acquises spécialement en vue de l’exposition.
« C’est une période qui paraît peu présente dans les collections de notre établissement », expliquent François Lafabrié, directeur du musée, et Alain-Charles Dionnet, conservateur.

Découvrir les grands genres de la peinture
La puissance et la grâce est aussi une invitation à regarder autrement. Le parcours s’intéresse à la peinture des XVIIe et XVIIIe siècles à travers les grands genres qui structuraient alors la hiérarchie artistique, c’est-à-dire la peinture d’histoire, quelle soit antique, religieuse ou mythologique, le portrait et le paysage. Une organisation qui permet de comprendre les codes d’une époque où la place d’une œuvre dans la hiérarchie dépendait notamment de son sujet.
« Cette organisation permet surtout de mesurer à quel point notre regard sur l’art a évolué. Une peinture de paysage ou une nature morte, longtemps considérée comme un genre inférieur, n’a plus aujourd’hui le même statut. De la même manière, les grands décors, les scènes mythologiques ou les peintures religieuses peuvent sembler éloignés des habitudes du public contemporain. Pourtant, derrière ces œuvres se cachent des histoires, des symboles et des choix artistiques qui ne demandent qu’à être déchiffrés.
Aujourd’hui, on peut voir une peinture et se demander ce qu’elle raconte, alors qu’à l’époque beaucoup de choses étaient immédiatement lisibles », expliquent François Lafa- brié et Alain-Charles Dionnet.
Le parcours permet également de mesurer l’intensité des échanges artistiques qui traversent alors l’Europe. France et Italie sont au cœur de l’exposition, deux grandes puissances artistiques, politiques et religieuses dont les peintres se répondent, voyagent, copient et s’inspirent mutuellement.
Rome constitue notamment un passage presque incontournable pour les artistes. Les œuvres montrent cette circulation des modèles, accélérée par la diffusion des gravures, qui permet à une composition créée en Italie d’être rapidement connue et réinterprétée en France.
Cette histoire de la circulation des images rappelle aussi que la notion de copie n’avait pas le même sens qu’aujourd’hui. Dans les ateliers, reproduire un modèle faisait partie de l’apprentissage et de la création. Les grands maîtres travaillaient entourés d’élèves et d’assistants, chacun pouvant intervenir dans la réalisation d’une œuvre. 
« On n’est vraiment pas dans la  même logique que l’image de l’artiste que nous avons héritée du XIXe siècle », observe le conservateur.
L’exposition permet ainsi de retrouver derrière les œuvres tout un monde d’ateliers, de commandes, de voyages et de transmission.

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