"Sur le vif", Cadre de vie

La Ville agit pour protéger la biodiversité

Au bois de la Bastide, la Ville mène une action pour préserver la biodiversité d’une mare. L’objectif est de stopper la prolifération d’une écrevisse invasive qui menace insectes et amphibiens.

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Dans le bois de la Bastide, derrière le Zénith, une petite mare attire habituellement libellules, amphibiens et autres espèces aquatiques. Mais depuis quelque temps, cet équilibre
naturel est perturbé par la présence d’un hôte indésirable : l’écrevisse de Louisiane, une espèce exotique particulièrement envahissante.
Magali Liets, responsable gestion écologique à la Ville, suit ce site depuis plusieurs années. C’est en observant la vie autour de la mare qu’elle a compris qu’un problème était en train d’apparaître.
« L’été 2024, il y avait des libellules partout. Des petites, des grosses… la mare était très vivante. Et l’année suivante, presque plus rien ne volait au-dessus de l’eau », raconte-t-elle.
En regardant de plus près, la raison est vite apparue car une trentaine d’écrevisses étaient visibles depuis la berge et l’eau était devenue trouble. L’écrevisse de Louisiane est connue
pour être très vorace. Elle se nourrit de larves d’insectes, de têtards et de nombreux petits organismes aquatiques, ce qui peut rapidement bouleverser l’équilibre d’un milieu naturel. 
Après consultation de la Fédération de pêche, la solution retenue consiste à vider la mare et à la laisser à sec pendant un an. L’objectif est d’éliminer les écrevisses ou de les contraindre à quitter les lieux.
La mare est équipée d’un dispositif appelé « moine », qui permet de réguler le niveau d’eau. En retirant progressivement les planches qui le composent, le niveau baisse petit à
petit.
« Nous avons retiréune planche par jour. Cela permet d’éviter un trop gros débit dans le ruisseau voisin et de ne pas entraîner trop de vase ou de feuilles mortes », explique Magali.

Une nature capable de rebondir

Les agents pensent que les écrevisses sont arrivées depuis le lac d’Uzurat, situé en contrebas, en remontant un petit ruisseau. Pour limiter les risques de retour, des aménagements seront installés sur le système d’évacuation de l’eau afin d’empêcher les écrevisses de remonter jusqu’à la mare une fois celle-ci remplie à nouveau.
Créée en 2016 par la Ville à l’occasion d’une exposition dans le bois de la Bastide, cette mare avait vu sa biodiversité se constituer naturellement. Les amphibiens et les libellules
y étaient venus d’eux-mêmes. Les agents espèrent qu’une fois la mare remise en eau, le même phénomène se reproduira. « Les libellules sont des insectes volants, elles peuvent revenir très vite », souligne Magali.
Pour l’instant, l’opération reste une expérimentation. C’est néanmoins un signe encourageant pour la biodiversité locale et un rappel que la nature reste fragile face aux espèces
invasives.

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