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Laetitia Bonneaud veut faire rayonner l’émail au-delà de Limoges

Nouvelle présidente du Syndicat professionnel des émailleurs français (SPEF), Laetitia Bonneaud défend avec passion cet art du feu emblématique de Limoges. Ancienne employée de l’administratif reconvertie dans l’émail en 2011, elle partage aujourd’hui son temps entre création, transmission et promotion d’une matière qui la fascine depuis l’enfance.

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Laetitia Bonneaud n’était pas destinée à devenir émailleuse d’art. Après un premier parcours professionnel dans l’administratif, elle décide d’opérer un virage radical au début des années 2010.
En 2011, elle décroche son CAP d’émailleur d’art à Limoges avant de s’installer à Saint-Yrieix-la-Perche, où elle crée son atelier Les émaux Arédiens.
Depuis, elle façonne bijoux, tableaux et pièces de forme en émail de Limoges, portée par une fascination ancienne pour cette matière de feu.

L’amour de l’émail

Cette rencontre avec l’émail remonte à un atelier d’initiation organisé à l’époque par la Maison de l’émail de Limoges.
« En discutant avec la personne qui gérait le lieu, j’ai découvert qu’on pouvait tout faire : découper, marteler le cuivre, jouer avec des rendus presque infinis, se souvient-elle. Toutes les portes s’ouvraient au niveau créatif ».
Très vite, elle est séduite par les possibilités artistiques de cette discipline mais aussi par la transformation de la matière au feu, presque magique.
Originaire de la région, Laetitia Bonneaud entretient avec l’émail un lien intime, nourri depuis l’enfance.
« Chez mes parents, il y avait toujours de l’émail dans la maison, raconte-telle.
Petite, j’étais intriguée par la profondeur des couleurs ».
Une fascination qui dirige encore aujourd’hui son travail. Là où beaucoup d’émailleurs contemporains privilégient les émaux opaques, elle préfère les émaux transparents. Posés sur du cuivre, de l’argent ou de l’or, ils révèlent des nuances différentes selon le métal utilisé.
« Avec les couches successives d’émail, l’oeil plonge vraiment dans la matière », explique-t-elle.
Cette recherche de profondeur et de lumière est devenue sa signature.
Depuis 2018, Laetitia Bonneaud transmet aussi son savoir-faire en enseignant au sein de l’unique CAP d’émailleur d’art sur métaux en France.
Aux côtés d’autres professionnels, elle intervient notamment sur la technique de l’émail peint, spécialité historique de Limoges. Chaque année, la formation accueille onze stagiaires seulement, malgré une demande croissante.
« L’émail a le vent en poupe, constate-t-elle, notamment dans le domaine du bijou. De nombreux bijoutiers s’y intéressent pour ses qualités de résistance
et de durabilité. Contrairement à la résine, l’émail ne jaunit pas et les couleurs ne s’altèrent jamais. On peut obtenir des effets qui se rapprochent de la pierre précieuse ».
Investie dans la défense de cet artisanat, Laetitia Bonneaud s’est engagée dès la création du Syndicat professionnel des émailleurs français (SPEF), né en 1937 à Limoges et relancé après la fermeture de la Maison de l’émail.
Désormais présidente de la structure, elle entend poursuivre le travail de valorisation engagé depuis plusieurs années.
« Dans la région, les gens connaissent l’émail parce qu’il fait partie de leur histoire. Mais ailleurs, beaucoup ignorent complètement cette matière », observe-t-elle.
Son ambition est de faire rayonner l’émail bien au-delà de Limoges. Cela passe par la création d’antennes du SPEF dans d’autres territoires, l’organisation d’expositions et de rencontres entre artisans, mais aussi par une modernisation de la communication du syndicat, avec notamment une refonte du site internet. « L’idée, c’est de créer un réseau d’échanges et de continuer à faire parler de l’émail, explique-t-elle. Néanmoins, ce travail ne peut pas se faire seule, mais avec les autres émailleurs ».

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