À l’hôpital de la femme, de la mère et de l’enfant, le projet Art en immersion est désormais entré dans sa phase concrète. Après des mois de préparation, les premiers enfants
hospitalisés ont pu découvrir cette expérience mêlant réalité virtuelle, médiation culturelle et ateliers artistiques autour de l’espace.
Dans les couloirs du service pédiatrique, rien ne ressemble pourtant à une animation classique car ici, tout est pensé au rythme des enfants.
« Certains sont très fatigués, explique Chantal Rollais, éducatrice de jeunes enfants au sein de l’HFME. On adapte constamment selon leur état de santé, leur disponibilité, leur envie aussi. Parfois un enfant ne pourra faire qu’une partie de l’atelier ».
Ce jour-là, plusieurs séances sont prévues. Dans une chambre, un adolescent ajuste le casque de réalité virtuelle avant d’être propulsé dans le système solaire. Plus loin, un autre
patient souhaite en découvrir plus, car après l’immersion vient toujours le temps de création.
« L’idée, ce n’est pas uniquement de regarder une vidéo avec un casque, souligne Aurélie Gatet, médiatrice en charge des ateliers Art en immersion. On construit vraiment une expérience complète, avec des échanges, des jeux, des activités manuelles. Le but, c’est que les enfants gardent une trace de ce voyage ».
Guirlandes du système solaire, maquettes, créations plastiques… Les ateliers permettent aux enfants de prolonger l’expérience jusque dans leur chambre. Une manière aussi de
recréer du mouvement dans un quotidien souvent immobile.
« Beaucoup des enfants que l’on accompagne sont alités ou ne peuvent pas sortir du service, poursuit la médiatrice. Le casque leur donne une sensation de déplacement, de promenade. Pendant quelques minutes, ils quittent un peu la chambre ».
Cette immersion dans l’espace ouvre aussi la porte à d’autres échanges. Chantal Rollais, présente quotidiennement auprès des jeunes patients, reprend ensuite les thèmes abordés pendant les séances.
« Ça permet de continuer à discuter avec eux après, de reparler de ce qu’ils ont vu, de ce qu’ils ont préféré. Certains poursuivent même avec les enseignants de l’hôpital autour du
thème du cosmos ».
Dans le service, le projet fonctionne justement parce qu’il s’inscrit dans un travail collectif. Aurélie Gatet connaissait déjà les lieux avant Art en immersion grâce à ses précédentes interventions en arts plastiques auprès des enfants hospitalisés.
« C’est important de connaître le terrain et les équipes soignantes, estime Chantal Rollais. On sait comment fonctionne le service, quels enfants peuvent participer, comment adapter les ateliers ».
L’adaptation est permanente. Certains enfants adorent l’immersion spatiale, d’autres préfèrent la partie créative. Un jeune patient a même ressenti quelques nausées avec le casque de réalité virtuelle, sans pour autant vouloir arrêter l’expérience. « Il avait quand même beaucoup aimé l’atelier artistique après », sourit l’éducatrice.
Au-delà de la technologie, ce sont surtout ces instants de respiration que les équipes recherchent. Pendant une heure, les discussions ne tournent plus autour des soins ou des traitements, mais des galaxies, des exoplanètes et des fusées.
Pour la maman de Jean*, « c’est un plaisir de le voir sourire. Il a l’air d’avoir bien aimé la réalité virtuelle. Ça change des autres activités qu’il peut faire ici ».
« Ça crée une petite bulle », résume Aurélie Gatet.
Le programme doit se poursuivre jusqu’en juillet à Limoges, avec de nouveaux ateliers et plusieurs thématiques autour de l’espace.
* Le prénom a été modifié
