Suite à la rénovation de la place qui a retrouvé son plaisir de vivre, cette balustrade manquait encore à l’appel.
Près de 18 mois de travail
En novembre dernier, Dominique Fonteneau, l’artiste qui a créé les lettres émaillées et Sandrine Coulaud, co-dirigeante à l’Atelier du vitrail confiaient leur vision : « avec des pièces de 8 centimètres de diamètre environ, toute la complexité du travail repose sur notre capacité à restituer l’éclat de l’émail sur un si petit format. Nous avons travaillé pour révéler le savoir-faire du Maître verrier ». Et le résultat est probant. « Dans ce projet, j’aime particulièrement les différences de lumière qui en émanent.
Le contour des lettres en grisaille** cuite au four à 650 degrés tranche avec le jaune à l’argent à l’intérieur. Cette technique permet de donner du relief à la pièce qui garde néanmoins sa transparence.
Parsemées sur la balustrade, en haut et en bas, des dalles de verre multicolores seront incrustées. Dans ce cas précis, le travail a consisté à frapper le verre avec une marteline pour créer des éclats, comme un diamant », ajoute l’artiste.
Autour de la place des Bancs, les travaux menés par Limoges Métropole en partenariat avec la Ville se poursuivent rue Élie-Berthet et place du Poids-public. Les travaux se termineront en fin d’année. Le coût global du projet est de 5,7 millions d’euros.
L’atelier du Vitrail
Fondé en 1907 par le maître verrier Francis Chigot, l’Atelier de vitrail a été repris en 1960 par ses propres ouvriers qui ont choisi de poursuivre l’activité en créant une coopérative. Sandrine Coulaud, dirige aujourd’hui l’Atelier du vitrail. Elle a toujours aimé les arts visuels, l’histoire et elle se demande parfois pourquoi elle n’aurait pas pu devenir archéologue ?
Après avoir fait une première carrière en tant que juriste, DRH en entreprise et collaboré avec différentes entreprises, elle a opté pour le changement. « On n’arrive jamais où l’on est par hasard précise-t-elle, mais il faut aussi savoir saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent ».
Et c’est ce qu’elle a fait lorsqu’elle a repris ses études au Mas-Jambost, puis avec un stage à l’Atelier du vitrail en 2020 et l’obtention en 2023 du Brevet des métiers d’art (BMA). « Avec un bac +8 en Droit, j’avoue qu’aller passer le BMA à 50 ans face à des jeunes était encore plus flippant que mes études de droit ! Mais j’ai été contente d’être reçue avec mention ».
La formation et le stage lui avait donné le goût du vitrail.
Alors lorsque la question de rester à l’Atelier s’est posée, elle a dit oui.
Et quel plaisir pour elle de participer à la restauration de centaines de vitraux signés Chigot pour préparer l’exposition qui s’est tenue au musée des Beaux-arts en 2022.
« Car la restauration est le cœur de notre métier ici, poursuit-elle. Nous avons beaucoup de projets et de travail dans ce domaine.
Mais nous avons aussi un rôle à jouer pour montrer que le vitrail existe comme un art français au sein d’un écosystème. Nous participons aux salons et journées dédiés au patrimoine et nous réalisons ponctuellement quelques créations originales sur demande ».
* Limoges a rejoint le réseau des villes créatives de l’Unesco pour les arts du feu et l’innovation
** La grisaille est une peinture qui, composée d’oxydes métalliques et de silice, fusionne avec le verre à la cuisson dans un four de verrier. De nature opaque et d’aspect mat, la grisaille permet aussi d’ajouter des détails ou du relief et des ombres qui ressortent en transparence.
Vivre à Limoges avait consacré un dossier à l’art du vitrail en avril 2026.
