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Matéo Pépin transforme les déchets en ressources pour l’avenir

À seulement 21 ans, Matéo Pépin vient tout juste de créer son entreprise, Nutriwaste. Son ambition est de transformer les biodéchets en ressources utiles grâce à des insectes. Une idée née sur les bancs du collège et qui prend aujourd’hui une dimension bien réelle.

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Originaire de Châteauroux, le jeune entrepreneur a rejoint Limoges après son bac scientifique pour suivre une licence de biologie à la Faculté des sciences. C’est là que son projet a véritablement pris forme. Néanmoins, l’idée remonte plusieurs années auparavant, en classe de 5e lors d’un cours sur les ressources naturelles. Le gaspillage marque durablement l’adolescent qui s’était demandé « pourquoi on produisait autant de déchets et s’il n’était pas possible d’en faire quelque chose d’utile », explique-t-il.
Au fil de ses études, Matéo affine son idée. En deuxième année de licence, il intègre le dispositif national Pépite, dédié aux étudiants entrepreneurs. Il y obtient le Diplôme d’Étudiant-Entrepreneur (D2E), qui lui apporte des bases solides en gestion, marketing et stratégie. Encadré par des professionnels et soutenu par l’Université de Limoges, il décide alors de se consacrer pleinement à son projet, allant jusqu’à faire une césure pour accélérer son développement.
Aujourd’hui incubé à Ester Technopole ainsi qu’à l’AVRUL, Matéo prépare la création officielle de Nutriwaste, prévue ce mois. À ses côtés, un enseignant-chercheur en biologie vient renforcer la crédibilité scientifique du projet.

Des insectes pour valoriser les biodéchets

Le principe de Nutriwaste repose sur un processus naturel : la bioconversion.
Des larves de mouches soldats noires, celles que l’on retrouve couramment dans la nature, sont placées dans un environnement contrôlé, un bioréacteur.
En une dizaine de jours, elles consomment les biodéchets (restes alimentaires, fruits, légumes…) et les transforment en biomasse.
« L’objectif est de recréer des conditions idéales dans des micro-usines installées dans des conteneurs modulables. Cela limite l’espace nécessaire et évite les nuisances comme les odeurs », précise le jeune homme. 
Le prototype actuellement en développement pourra traiter jusqu’à 10 tonnes de déchets par semaine. Un chiffre modeste à l’échelle d’une ville comme Limoges, qui produit environ 200 tonnes hebdomadaires, mais qui constitue une première étape bien concrète.
Une fois les larves de mouche arrivées à maturité, elles sont valorisées sous différentes formes :

  • en farine destinée à l’alimentation animale,
  • en protéines et peptides utilisés dans les secteurs pharmaceutique et cosmétique,
  • ou encore en collagène pour certaines applications industrielles. 

Déjà soutenu par la Région Nouvelle-Aquitaine, le dispositif Pépite et plusieurs partenaires locaux, Matéo Pépin avance étape après étape.
Les premières expérimentations, menées fin 2024 avec des biodéchets du CROUS, ont donné des résultats encourageants.
Pour lui, l’aventure est un épanouissement car « voir le projet évoluer, rencontrer des partenaires, obtenir des financements… c’est extrêmement motivant ».
À l’heure où la question des déchets devient un enjeu important, Nutriwaste s’inscrit dans une dynamique d’économie circulaire où l’on transforme ce que l’on jette pour devenir une ressource utile.
Une idée née en 5e. Une entreprise créée à 21 ans. Et peut-être, demain, une nouvelle manière de gérer les déchets.

Consulter le reportage de 7ALimoges

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