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Parce que le psychotrauma de l’enfant change une vie, l’APPEL prévient

Septembre 2020, 3 professionnelles issues de la protection de l'enfance à Limoges fondent l’Association de prévention du psychotrauma chez l’enfant en Limousin (APPEL). Leur constat est simple : 5 enfants par classes voient ou subissent des violences répétées dans leur quotidien ! Mais où sont-ils ? Comment les repérer ? Et surtout comment agir sur ces enfants qui se construisent à l’envers pour éviter qu’ils ne tournent mal à l’adolescence, à l’âge où l’émancipation a besoin d’un étayage et de valeurs ?

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Alexandra Durand est l’une des 3 cofondatrices de l’APPEL. Comme elle l’explique, « les études dans le champ des neurosciences ont clairement démontré que la violence, vue ou subie, avait un jour ou l’autre un impact sur le développement des enfants

Lorsque l’on parle de violence justement, il convient de la considérer dans toutes ses dimensions : physiques, physiques et sexuelles. Être négligeant vis-à-vis de son enfant en fait partie, tout comme le laisser être témoin de violences conjugales. Je le dis clairement : c’est aux parents de faire face aux besoins fondamentaux de leur enfant, insiste-t-elle. Ils doivent donc apporter cette sécurité dont il a besoin, ce qui n’exclut pas de savoir poser un cadre et des limites ! »

Agir avec le parent protecteur 

L’APPEL accompagne donc les jeunes qui ont vu ou subi des violences répétées. Cela représente plus de 80 % des situations rencontrées. Mais elle travaille aussi avec le parent dit protecteur en apportant un soutien face au conjoint violent. Attention, l’association n’intervient qu’à partir du moment ou un enfant est témoin d’une telle situation, pas pour les situations de violences intrafamiliales seules. D’autres associations existent pour cela, comme le CDIFF ou France Victimes.

L’association n’intervient pas non plus dans le champ des services de la Protection de l’enfance. Ses missions se situent en amont pour tenter de désamorcer la situation.

Entre le 1er décembre 2021 et le 31 décembre 2025, 271 familles accompagnées ont été accompagnées pour 483 enfants concernés et 4 500 personnes ont été formées ou sensibilisées (professionnels, bénévoles, étudiants, grand public, familles, ...). L’accompagnement est gratuit pour les familles, dont certains membres hésitent de moins en moins à lever le voile sur un sujet encore tabou, gorgé de honte et qui laisse un sentiment de culpabilité des plus amères.

Des formations aussi

« La formation de tous ceux qui travaillent dans l’environnement des enfants est nécessaire pour améliorer significativement le repérage précoce et leur enseigner comment réagir face à la verbalisation d’un enfant qui souffre, poursuit Alexandra Durand.

Pourquoi ceux qui doivent prendre soins de moi se ou me veulent du mal ?

Il faut bien comprendre que le cerveau est programmé pour réagir lorsqu’il repère un danger. D’abord en alerte, la réflexion permet en général de relativiser rapidement : « C’était quoi ce bruit ? un afflux d’adrénaline et de cortisol et le cœur s’emballe…1 seconde passe…La fenêtre de la cuisine qui a claqué !...Tout va bien ! » La pression retombe.

Chez certains jeunes qui ont grandi dans un climat violent, leur capacité à raisonner face aux dangers est altérée et induit dans de nombreux cas une paralysie de la pensée et de leur capacité d’agir avec discernement. Leur cerveau est comme déconnecté du réel !

Répété, ce mécanisme de survie va altérer leurs capacités affectives, relationnelles et leurs réactions. Et même lorsque le danger sera minime, ou qu’un phénomène sera interprété comme dangereux – Un ballon que l’on n’a pas vu venir dans la cour de récré – l’enfant va surréagir, se révolter par peur, devenir violent pour se protéger, … C’est un mécanisme de défense face aux actes violents qui devient progressivement une stratégie inscrite dans la mémoire traumatique. À chaque coup de stress, le corps et l’esprit passent en mode survie : « Je fuis ou je me bats ? »

Et lorsque les adultes ne parviennent pas à décrypter ces signaux, c’est le jeune qui est alors considéré comme la cause du problème.

L’association APPEL est à suivre sur :
Facebook : @APPEL 
Instagram : @prevention_trauma_enfant 
LinkedIn : @Association A.P.P.E.L
06 52 59 50 87 – contactappel87@gmail.com

Pour sensibiliser le public au psycho traumatisme complexe de l’enfant, William Lecoeur (au centre de la photo), psychiatre et membre de l’association APPEL, s’est lancé dans un challenge sportif. Courir ou marcher pendant 24 heures sans arrêter ni s’alimenter.

Il a tenu parole au Parc d’Auzette le week-end du 24 avril. « J’ai souhaité accomplir ce défi pour apporter ma contribution à l’association. Je suis confronté dans mon quotidien a des patients qui ont vécu un psycho traumatisme enfant. Cela fait partie des questions que je pose systématiquement lors des consultations.

J’ai couru 24 heures. Ça a été douloureux et fatiguant, mais nous avons mis en lumière la nécessité de prévenir les violences faites aux enfants », conclut-il.

Durant son challenge et à l’arrivée challenge d’autres sportifs se sont joints à lui. Il a franchi l’arrivée sous les applaudissements de tous ceux qui étaient venus l’encourager.

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