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Majorité municipale
Limoges en perspectives
Limoges 2050 : l’avenir ne se prévoit pas, il se prépare
Penser Limoges en 2050, ce n’est pas céder à l’exercice abstrait de la projection. C’est, au contraire, interroger le présent, observer la trajectoire engagée et se demander si elle nous prépare réellement aux bouleversements du monde qui vient. Une ville ne se transforme pas par hasard : elle se construit par des choix, une vision et une constance.
Le monde de 2050 sera marqué par des transitions majeures. Le changement climatique redessinera nos façons d’habiter et de nous déplacer. Les technologies transformeront le travail, l’industrie, la santé, la culture. La concurrence internationale entre territoires sera plus vive encore, y compris pour des villes moyennes comme la nôtre. Dans ce contexte, une question essentielle se pose : comment rester soi-même tout en s’adaptant ?
Depuis plusieurs années, Limoges a fait le choix de s’appuyer sur ses forces. Une ville qui croit au sport et à la culture comme leviers d’émancipation, de santé et de cohésion sociale. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2023, près de 492 000 visiteurs ont fréquenté nos équipements culturels. Le Zénith propose près de 50 spectacles par an, l’Aqua-polis a déjà enregistré 1,6 million d’entrées depuis 2020, et demain une patinoire olympique environnementalement vertueuse de 19 millions d’euros viendra compléter cet ensemble structurant. Ces équipements ne sont pas des vitrines : ils sont des lieux de vie, de rencontre, d’identité partagée.
Mais une ville ne peut se projeter sans une économie solide. Là aussi, la trajectoire est claire. Entre 2020 et 2024, l’emploi salarié privé a progressé de 4,4 %, malgré un contexte national incertain, et 4 400 entreprises supplémentaires ont vu le jour. Limoges Métropole a mis à disposition 40 hectares pour l’accueil de nouvelles entreprises, contre à peine 1,5 hectare quelques années auparavant. Des implantations majeures dans l’assurance, le luxe ou l’industrie témoignent de cette montée en puissance, tout comme les 350 emplois dans l’assurance et 250 dans le luxe récemment créés.
Penser Limoges en 2050, c’est aussi penser l’innovation comme un outil au service de l’humain. Les filières d’excellence structurées autour d’ESTER Technopole, de la photonique, des hyperfréquences ou des matériaux ne sont pas des paris technocratiques. Elles sont une réponse à un monde où la souveraineté industrielle, la recherche et la transition écologique seront déterminantes.
Enfi n, il y a un indicateur qui dépasse tous les autres : pour la première fois depuis 2017, notre territoire ne perd plus d’habitants. Il en gagne même pour la deuxième année consécutive.
C’est le signe discret mais profond qu’un cap est compris, partagé, et qu’une ville peut redevenir désirable lorsqu’elle conjugue qualité de vie, services publics et ambition.
Limoges 2050 ne sera ni une copie des métropoles mondialisées, ni une ville figée dans la nostalgie. Elle sera ce que nous avons décidé qu’elle devienne : une ville durable, créative, innovante, solidaire, fidèle à son identité et ouverte sur le monde. L’avenir ne se subit pas. Il se prépare. Et c’est maintenant que cela se joue.
Pour la majorité municipale : Guillaume Guérin, Jean-Marie Lagedamont, Sarah Gentil, Catherine Mauguien-Sicard, Benjamin Battistini, Rhabira Ziani-Bey, Laurent Oxoby, Sarah Terqueux, Vincent Rey, Marc Bienvenu, Nathalie Mézille, Nézha Najim, Rémy Viroulaud, Isabelle Maury, Charles Colas, Jean-Marie Bost, Michel Cubertafond.
Février 2026
Opposition
Gauche citoyenne, sociale et écologiste
A chacun ses priorités
PPI, cet acronyme ne vous dira certainement rien et pourtant il est un élément essentiel en termes de gestion municipale. Le PPI c’est le plan pluriannuel d’investissement, c’est à dire un document prévisionnel établissant la programmation des projets d’investissements de la collectivité. Il transcrit la vision stratégique d’une majorité municipale en matière d’aménagement et de développement en recensant l’ensemble des projets envisagés, leur coût prévisionnel, leur modalité de financement ainsi que leur calendrier de réalisation, généralement sur la durée du mandat.
Ce document a été présenté lors du débat budgétaire en décembre dernier. Il confirme les craintes que nous avons émises à plusieurs reprises.
On peut d’abord s’interroger sur la pertinence de programmer un PPI jusqu‘en 2032 alors qu’une nouvelle majorité, quelle qu’elle soit, sera à l’oeuvre au printemps prochain. Préempter ainsi l’avenir relève pour le moins d’une curieuse conception de la démocratie. La nouvelle équipe serait certes libre de revoir les investissements mais serait-elle en capacité de le faire ? Sans doute pas, et c’est là que le bât blesse dans ce PPI. Si l’on y regarde de près on se rend compte que l’essentiel du financement prévu d’ici 2032 ira à des opérations engagées sous la responsabilité du maire actuel.
Si l on peut partager la pertinence de certaines (aménagements des bords de Vienne, écoles, énergie, éclairage public ….), d’autres nous semblent en décalage avec les priorités de l’action publique pour les années à venir. Et ce ne sont pas les moins dévoreuses en terme d’argent public.
Beaublanc : on passe de 60 à 89 millions
Le projet Beaublanc - car il faut en parler à nouveau, est à cet égard particulièrement édifiant.
L’an prochain ce seront 24 millions qui y seront consacrés, puis 21 millions en 2027, encore 17 et 11 millions les années suivantes. Il y a donc fort à craindre que sur les quatre prochaines années Beaublanc à lui seul phagocyte entre le tiers et la moitié de la capacité d’investissement de la Ville. Au final en 2032 la rénovation du parc municipal des sports aura cannibalisé les investissements à hauteur de 89 millions, alors que le montant initial du projet était estimé à 60 millions. C’est énorme !
Le débat ne porte donc plus aujourd’hui sur la pertinence sportive ou urbanistique du projet mais bien sur sa pertinence budgétaire ! Alors que les finances des collectivités sont dans le viseur du gouvernement qui entend les mettre à nouveau à contribution en réduisant leurs dotations, le projet Beaublanc va impacter durablement les capacités d’investissement de la nouvelle majorité. Au point que même une partie de l’équipe actuelle s’en est émue.
Mais la promesse d’intégrer un Palais des congrès au projet, sans qu’il en ait d’ailleurs été débattu en conseil municipal, aura vite éteint les velléités de contestation.
Principe des vases communicants, ce qui ira à Beaublanc n’ira pas à d’autres politiques. Le budget 2026 prévoit ainsi une nouvelle baisse des dépenses de gestion, celles qui permettent le bon fonctionnement des services publics municipaux et par ricochet les services offerts à la population. Nombre d’écoles restent des passoires thermiques et musées, médiathèque, Centres culturels connaissent la disette...
Cette politique nous interpelle et doit interpeller les limougeaudes et limougeauds au moment où il y a tant à faire en matière de santé, de voirie, de tranquillité, de sécurité publique, de politique environnementale et de lutte contre le réchauffement climatique.
A chacun ses priorités...
Thierry Miguel, Gulsen Yildirim, Gilbert Bernard, Olivier Ducourtieux, Nabila Anis, Thibault Bergeron, Christelle Merlier / groupe.opposition@limoges.fr - 05 55 45 63 66
Janvier 2026
Anciennes tribunes
Retrouvez les tribunes précédentes dans les anciens numéros de Vivre à Limoges.
