"Sur le vif", Culture

Le vitrail en lumière

À Limoges, ville des arts du feu et de l’innovation reconnue ville créative de l’Unesco, le vitrail resplendit de mille feux. Attendue dans les églises, intégrée à plusieurs bâtiments en Ville ou dans les maisons tel un élément de déco qui crée une ambiance, chaque oeuvre répond à un processus créatif qui a traversé les siècles et se réinvente jour après jour.

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Parmi les grandes questions de l’humanité : qui de la poule ou de l’oeuf a été conçu en premier ? Même si la réponse interpelle, là n’est pas la question, puisque c’est de l’art du vitrail que traite ce dossier.
Néanmoins, pour rester dans un questionnement similaire, nous pourrions nous demander si la lumière façonne le vitrail ou si c’est à travers le vitrail que la lumière se révèle ?
Tous les interlocuteurs que nous avons interviewés livrent ainsi leurs approches et racontent comment ils conçoivent leur métier.
Restaurateurs du patrimoine, conservateurs de l’Histoire, ou créateurs en quête de renouveau et d’innovation, ces artistes laissent transparaître leur passion et leur émerveillement.
Et s’il est un point commun entre tous les artistes que nous avons rencontrés pour réaliser ce dossier, c’est la formation dispensée au lycée du Mas-Jambost.
Certains y ont fait leurs armes, d’autres y enseignent, mais tous y ont appris un savoir-faire ancestral qui resplendit de lumière. 
Julie Bernard est enseignante vitrailliste au lycée pour la formation initiale. Elle apprend le métier à 8 élèves âgés de 17 à 24 ans cette année. Les cours sont organisés selon des thématiques comme l’enseignement professionnel, la technologie du verre et l’histoire de l’art.
Avec son entreprise installée à côté de Limoges, elle bénéficie de plusieurs années d’expérience professionnelle et connaît parfaitement les réalités de ce métier. Son travail se
partage entre la restauration du patrimoine (70 % de son temps environ) et des créations originales – un domaine qu’elle développe de plus en plus pour répondre aux demandes.
« Le but du CAP, précise-t-elle, est de former des techniciens qui auront en plus une solide culture du vitrail à travers son Histoire. La sélection des candidats se fait sur dossier et
sur la présentation d’un portefolio, poursuit-elle. Cela permet de comprendre la démarche artistique de chaque candidat, car même s’ils ne connaissent rien à l’art du vitrail, il est primordial qu’ils aient une sensibilité et une approche artistique affirmées. Durant la formation, ils apprennent les techniques de fabrication : des  gestes très techniques et précis.
Il s’agit par exemple de la découpe des verres, du sertissage, du montage au plomb (voir encadré) et ils abordent aussi concrètement la phase chantier avec la prise de mesure, la pose et la dépose de vitraux déjà installés. Cet apprentissage se fait en lien étroit avec l’univers professionnel à travers la France.
À la sortie, les élèves titulaires de leur CAP peuvent être recrutés dans une entreprise ou créer la leur. Le vitrail a de l’avenir, tout d’abord car la France dispose du plus grand nombre de métrage de vitraux en Europe, qu’il faudra entretenir pour les préserver, mais aussi parce qu’il est prisé par les métiers du luxe et l’artisanat d’art », conclut-elle.

Une attractivité nationale

« En complément, ajoute Pascal Robert, le proviseur de l’établissement, une dizaine d’élèves de tous les âges suivent une formation par le GRETA. Même si chacun a un profil différent, tous savent qu’ils veulent s’engager dans cette voie-là.
Nous avons d’abord ouvert la filière au Greta en 2019, puis en 2022 la formation initiale. Cette offre répond à une demande importante. Suite aux portes ouvertes du lycée qui se sont tenues en février par exemple, nous attendions déjà plus d’une douzaine de candidature de toute la France ».

La réalisation d’un vitrail
1/Pour créer un vitrail, la technique est éprouvée depuis plusieurs siècles et même si certains artistes innovent, le principe demeure. Le dessin et la création du gabarit en papier rigide cartonné. Chaque morceau de carton doit être identique à la forme attendue du verre, mais il est nécessaire de prévoir 2 millimètres entre chaque pour placer les réglettes de plomb qui permettront de fi xer les plaques de verre entreelles. Pour la découpe, des ciseaux à 3 lames sont utilisés  pour créer directement les espaces dédiés entre deux plaques de carton et obtenir ainsi une jointure parfaite.
2/ La découpe du verre se fait au moyen d’un coupe-verre muni d’une roulette en carbure de tungstène. En longeant les contours du gabarit en carton, la roulette induit des vibrations sur le verre qui marqueront l’endroit de la coupe. A l’aide d’une pince à détacher, ou à la main pour les plus téméraires, le vitrailliste peut ensuite séparer les morceaux de verre.
3/ La pose des réglettes de plomb commence traditionnellement par le bas. Le schéma complet de montage, qui a préalablement été décalqué, montre où doivent se situer les plaques et les connexions entre elles. Chaque morceau de verre, s’insère ainsi tour à tour dans les barres de plomb, qui elles aussi s’imbriquent les unes dans les autres.
4/ Le vitrail a maintenant pris forme à l’atelier. Pour pouvoir le manipuler, des soudures doivent être réalisées à chaque intersection de plomb et des deux côtés. Un processus  d’étanchéifi  cation est aussi appliqué.

Le dossier complet est à consulter sur Vivre à Limoges n° 213

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