C’est un legs aussi généreux qu’exceptionnel, il faut bien le dire. À son décès, fin 2025, Georgette Laporte a choisi de léguer son patrimoine à la Ville de Limoges, au bénéfice du musée des Beaux-Arts. D’un montant estimé à ce jour à 1,7 million d’euros, ce legs est destiné à financer l’acquisition d’œuvres d’art. Dans son testament, la donatrice exprimait notamment le souhait de voir acquérir, de préférence, une œuvre de Renoir ou de Van Gogh, tout en laissant ouverte la possibilité d’autres acquisitions, notamment dans le domaine des émaux.
Pour le musée, cette transmission représente une occasion particulièrement précieuse. Les acquisitions constituent en effet l’un des moyens essentiels de faire vivre et évoluer les collections. Le musée des Beaux-Arts de Limoges, dont les collections se sont constituées au fil des dons et des acquisitions depuis sa création, possède notamment une collection d’émaux de renommée internationale.
« Ce legs reste une énorme chance pour le musée. C’est très émouvant de savoir que cette personne, qui a longtemps été donatrice des Amis du musée, ait pensé à nous », souligne François Lafabrié, directeur du musée des Beaux-Arts de Limoges.
Une histoire de fidélité au musée
Si le legs a constitué une surprise pour l’équipe du musée, le geste de Georgette Laporte ne s’inscrit pas pour autant dans une histoire sans lien avec l’établissement. La donatrice était depuis longtemps proche des Amis du musée et avait déjà contribué, de manière discrète, à la vie et à l’enrichissement des collections. Son attachement à l’établissement et à Limoges s’était notamment manifesté par plusieurs dons.
Le montant de 1,7 million d’euros constitue un changement d’échelle pour la politique d’acquisition du musée. Il ne s’agit pas de multiplier les achats, mais au contraire de saisir une opportunité exceptionnelle lorsqu’une œuvre particulièrement importante se présente.
« Ce legs ouvre des perspectives nouvelles. Une œuvre majeure peut enrichir une collection, mais elle peut également contribuer à renforcer la visibilité d’un musée et à susciter la curiosité de nouveaux visiteurs. Néanmoins, une œuvre phare peut attirer le public, à condition qu’elle ait aussi du sens par rapport aux collections », rappelle le directeur.
Le choix de la future acquisition devra donc répondre à plusieurs exigences. La volonté de Georgette Laporte sera respectée, mais le musée devra également tenir compte de son projet scientifique, de l’histoire de ses collections et des possibilités réelles du marché de l’art. Les acquisitions d’un musée de France sont en effet soumises à un cadre précis et à l’avis des instances compétentes.
Un Renoir constituerait évidemment un écho particulièrement fort à l’identité de Limoges, ville natale du peintre. Mais le legs pourrait aussi permettre au musée de renforcer son exceptionnelle collection d’émaux ou d’acquérir une œuvre d’un autre artiste dont la présence apporterait une véritable valeur ajoutée aux collections.
Une chance pour les amateurs d’art, mais aussi pour la Ville et ses habitants, qui pourront demain découvrir au musée les fruits de cette généreuse transmission.
