Des visages qui semblent modelés dans la porcelaine, traversés de lumières, de fissures et de mouvements imperceptibles.
À Gwangju, en Corée du Sud, le patrimoine limougeaud change de forme.
Pour la 16e Biennale d’art contemporain, du 5 septembre au 15 novembre 2026, la Ville de Limoges présente VISAGES DE PORCEL(AI)NE, une installation de l’artiste Michaël Borras, dit Systaime, au sein du Pavillon des Villes créatives de l’UNESCO. Ce choix fait écho à l’identité de Limoges, membre depuis 2017 du Réseau des villes créatives de l’UNESCO, dans la catégorie Artisanat et Arts populaires.
La Ville y affirme son ambition qui est de faire vivre les savoir-faire qui ont construit sa renommée tout en encourageant la création contemporaine et les échanges internationaux.
Faire dialoguer porcelaine et numérique
Diplômé de l’École nationale supérieure d’art de Limoges, Systaime explore depuis plus de 25 ans les relations entre art, technologies et société.
Pour cette création, il fait se rencontrer deux territoires marqués par la céramique : Limoges et Gwangju.
Six portraits vidéo génératifs composent l’installation. Les visages semblent faits de porcelaine, dont la blancheur, la translucidité, les reliefs et les fractures deviennent matière artistique.
« La porcelaine m’intéresse ici comme une matière vivante car elle porte une mémoire, mais elle peut aussi être transformée par les outils de son époque. L’intelligence artificielle devient un nouveau médium pour faire apparaître d’autres formes et prolonger cette histoire. »
L’œuvre ne cherche ainsi pas à reproduire le geste des porcelainiers, mais à créer un dialogue avec lui. Les traditions de Limoges rencontrent celles de la Corée, tandis que les technologies numériques ouvrent un espace d’expérimentation.
Même le titre VISAGES DE PORCEL(AI)NE traduit cette rencontre entre matière, langage et intelligence artificielle.
« Ce qui m’intéresse, c’est la transmission, de savoir comment conserver la mémoire d’un savoir-faire tout en lui permettant d’évoluer ? La technologie ne remplace pas cette mémoire ; elle peut contribuer à la faire circuler et à l’interpréter autrement », raconte Systaime.
Acquise par la Ville de Limoges, l’œuvre témoigne de cet engagement en faveur de la création contemporaine.
« Permettre à notre ville de rayonner à l’international est un véritable honneur. Même quand je vivais hors de Limoges, je l’ai toujours mise en avant, je n’ai jamais renié mes racines. Aujourd’hui, elle me le rend bien. »
À Gwangju, Limoges ne présente donc pas seulement un patrimoine, elle montre comment celui-ci peut continuer à créer, dialoguer et se réinventer à l’échelle internationale.
