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Culture

Valadon et ses contemporaines : la visite en 3D

Le musée des Beaux-Arts de la Ville de Limoges et le Monastère royal de Brou s’associent pour organiser à Limoges une exposition « Valadon et ses contemporaines. Peintres et sculptrices, 1880-1940 », consacrée non seulement à Suzanne Valadon (1865-1938) mais aussi aux artistes féminines de sa génération, actives entre 1880 et 1940. L'exposition était initialement prévue à partir du 7 novembre 2020 et n'a pu voir le jour en raison de la crise sanitaire.

Public : Tout public

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Jusqu’au 31 mars, découvrez la visite inédite et vivez une expérience interactive en 3D de l'exposition ici.

Une femme d’exception exposée dans des lieux d’exception

Le musée des Beaux-Arts de Limoges conserve cinq peintures et une gravure de Suzanne Valadon, native de Bessines-sur-Gartempe, en Haute-Vienne, ainsi que d’autres œuvres d’artistes féminines contemporaines telles que Berthe Morisot, Émilie Charmy ou Suzanne Lalique-Haviland. Le réaccrochage du parcours permanent du musée en 2017 déroule la thématique de la figure féminine, à la fois comme modèle et comme artiste. Monument fondé par une femme d'exception, Marguerite d'Autriche (1480-1530), musée comprenant dès sa création des œuvres d’artistes féminines, le Monastère royal de Brou cherche depuis plusieurs années à donner une meilleure visibilité aux femmes, à travers leurs représentations ou leurs créations artistiques. Plusieurs expositions et acquisitions récentes, mais aussi le renouvellement de sa présentation permanente, sont allés dans ce sens.

Suzanne Valadon : parcours d’une artiste moderne

Suzanne Valadon, l'une des premières femmes admises à la Société nationale des beaux-arts en 1894, incarne une formidable liberté dans sa vie comme dans son œuvre. Fille naturelle d'une lingère du Limousin, elle est d'abord acrobate puis modèle de Puvis de Chavannes, Renoir ou Toulouse-Lautrec, avant de devenir peintre autodidacte. Encouragée par Degas qui la forme à la gravure, elle se lance dans une carrière artistique, devenant une figure majeure de la Bohème de Montmartre. Contrairement aux artistes femmes des siècles précédents, issues majoritairement de familles d’artistes ou, pour le XIXe siècle, de la bourgeoisie cultivée, rien ne prédestinait Valadon, issue d’un milieu social modeste, à devenir la grande artiste que l’on connaît.
 Valadon est connue du grand public à travers la « Trinité maudite » qu'elle formait avec son conjoint Utter et son fils Utrillo. C'est pour éloigner ce dernier de l'alcool et de ses mauvaises fréquentations qu'elle avait acheté le château de Saint-Bernard (Ain), en 1923. L'exposition « Valadon et ses contemporaines. Peintres et sculptrices, 1880- 1940 » propose une vision différente de celle habituellement retenue, sortant Valadon de l’ombre d'Utter et Utrillo, dont elle fût le maître et non la muse. Occupant une place à part entière dans l’histoire de la peinture des années 1880-1930, elle participe, depuis le post-impressionnisme, au développement de l’art moderne, à travers une riche iconographie composée de nus, de portraits ou de natures mortes. Sa trajectoire est dès lors replacée dans un contexte d’émancipation et d’émulation féminine, auquel elle contribua activement sans être toutefois une figure isolée.

Une vague féminine avant-gardiste en partie tombée dans l’oubli

Valadon reçoit ainsi le soutien de la première galeriste féminine de Paris, Berthe Weill, qui expose alors toute l'avant-garde artistique :

Derain, Picasso, Braque, Modigliani, Matisse… devenus célèbres aujourd'hui ; mais aussi de nombreuses femmes dont les noms sont en revanche pour beaucoup tombés dans l'oubli. Les plus connues du grand public sont Marie Laurencin et Tamara de Lempicka ; mais d’autres reviennent sur le devant de la scène et ont fait l’objet d’expositions depuis quelques années, telles que Lucie Cousturier, Émilie Charmy, Jacqueline Marval ou encore Georgette Agutte-Sembat. Pour certaines, leur nom s’est quelque peu effacé au profit d’un époux ou d’un amant renommé : Sonia Delaunay, Sophie Taeuber-Arp, Camille Claudel, tandis que de nombreuses artistes originaires de toute l'Europe affluent alors à Paris, provenant notamment de Russie, d'Ukraine et de Pologne, comme Sonia Lewitska ou Marie Vassilieff mais aussi du Danemark, comme Gerda Wegener.

Enfin, les sculptrices, qui s'emparent d'un mode d'expression plastique pendant longtemps presque entièrement réservé aux hommes, ne sont pas oubliées, avec des œuvres d’Irène Codréano, Jane Poupelet, Chana Orloff ou Jeanne Bardey.

Un catalogue édité à cette occasion

L’exposition « Valadon et ses contemporaines. Peintres et sculptrices, 1880-1940 » est assortie d’un ouvrage accueillant des contributions thématiques de spécialistes adressées à un large public. Il permet d’offrir une synthèse renouvelée du sujet au travers de 208 pages d’essais et du catalogue des œuvres exposées. Plus d’informations ici.

 

Consulter l'album photos de l'exposition

 

LA VISITE VIRTUELLE DE L’EXPOSITION

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